by delphine queme

Passionnante conférence au Bal ce dimanche à propos du photographe japonais Daido Moriyama, malheureusement absent pour raison de santé.

A la fin des années 60, début des années 70, il fait partie de l’aventure du magazine PROVOKE qui marquera un tournant dans la photographie japonaise. Il va (à l’époque) récupérer certaines photos éliminées par ses amis photographes et les faire siennes.  Car pour lui finalement, ce n’est pas vraiment la photo qui compte mais l’oeil. Quelqu’un à la conférence faisait d’ailleurs remarquer que ses photos, celles de Paris notamment, (actuellement exposées à la Galerie Polka si je ne m’abuse), ne sont pas extrêmement soignées, ont même parfois un contraste très brutal”. Et c’est vrai. Finalement la photo n’est pas si importante que ça. C’est l’oeil qui est important.

C’est évidemment très libérateur mais en même temps cela montre que l’on ne peut pas tricher en photographie. Il faut une grande sincérité, une authenticité, une énergie foncièrement honnête pour qu’une photographie traverse le temps. Cette photographie n’est qu’une “conséquence fomalisée”, d’une vision, d’un oeil, d’un être humain.

Diane Dufour, directrice du Bal, nous a très gentiment laissés regarder (avec des gants blancs) son exemplaire de Japan :  a photo theater dont vous voyez ci-dessus quelques images. On peut également feuilleter le livre ici (je n’inclue pas la video dans mon post car je trouve la musique horrible) :

http://www.youtube.com/watch?v=JusqTksMnDQ 

http://www.le-bal.fr

by delphine queme

Grâce à la Fondation Henri Cartier-Bresson j’ai eu la chance d’une visite privée de l’exposition La photographie en 100 chefs-d’œuvre à la BNF (site François Mitterrand), au sein d’un groupe d’amateurs de photographie, avec un conférencier que j’ai trouvé exceptionnel tant par son érudition que par sa vivacité.

Les oeuvres choisies sont toutes très belles. Chacune mérite que l’on s’y attarde.

Ma préférée est Los Agachados (les courbés) de Manuel Alvarez Bravo. Des hommes de dos (toujours intéressant dans un portrait selon moi), dont on ne voit même pas la tête, qui semblent attachés à leurs tabourets, qui sont pourtant dans un café mais dont on sent qu’ils tentent furtivement d’échapper à la dureté de la vie qu’ils portent sur leurs épaules. Le cadre et la géométrie de la photo sont évidemment magnifiques.

Une remarque que le conférencier nous a faite d’entrée sur la photographie en général et que je trouve excessivement pertinente c’est que c’est le seul art que l’on peut faire sans avoir une démarche artistique (volontaire). Remarque, que j’avais également notée lors d’une conférence de Walter Guadagnini, historien de la photographie, à la Fondation HCB, qui soulignait lui aussi la multiplicité des intentions qui peuvent exister derrière une photo. En photographie on peut donc faire une oeuvre d’art sans avoir l’intention d’en faire une. Ce qui est finalement assez unique.  Cette vision me renvoit d’ailleurs avec une délectation sans cesse renouvelée, à ce texte majeur dont je cite la référence très fréquemment dans ce blog Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc où le philosophe allemand Eugen Herrigel nous explique que selon le zen, “viser” nous décale instantanément de la réalité d’un acte, voire de l’appréhension de la vie. (voir ici)

Pour revenir à l’exposition, je ne rentre pas dans la polémique des photographes majeurs non représentés (il y en a forcément beaucoup), car pour moi, tout le problème de cette exposition c’est son titre.

(bon allez je dis quand même ce que je pense : l’absence d’August Sander me semble totalement incompréhensible …).

Cette exposition aurait dû s’intituler quelque chose comme Cent ans de photographie, un choix de 100 clichés (par exemple).

Les photographies sont magnifiques. Je ne remets pas cela en cause. Mais si on dit présenter des chefs d’oeuvre, alors il faut présenter des chefs d’oeuvre.

Or un chef d’oeuvre n’est pas une photo “simplement” magnifique. C’est la catégorie encore au-dessus. Ce sont des images qui se détachent complètement des autres.

Il y a quelques jours j’étais à une visite guidée au Louvre sur les primitifs flamands. Dans la salle que nous visitions, il n’y avait évidemment que des toiles d’une qualité exceptionnelle (Van Eyck, Memling, Van der Weyden et j’en passe) mais il y avait malgré tout UN tableau qui surpassait allègrement tous les autres c’était La Vierge au chancelier Rollin de Jan Van Eyck. 

Tout cela pour dire que pour moi il y a une différence entre une oeuvre d’une qualité rare et ce que l’on appelle véritablement un chef d’oeuvre.

Alors il est vrai qu’il est plus facile d’être frappé par un chef d’oeuvre en peinture plutôt qu’en photographie mais quand même.

Reste que l’exposition est à voir.

http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_expositions/f.100_chefs_doeuvre.html

by delphine queme

Impressionnant dispositif à l’Ircam de spatialisation du son : ceinture de 264 haut-parleurs répartis autour du public pour la diffusion en WFS (Wave Field Synthesis) et d’un dôme de 75 haut-parleurs pour une diffusion tri-dimensionnelle en mode Ambisonique. 
 En clair le son se promène dans l’espace comme un papillon. Le son passe à côté de vous, vous contourne, repart et revient. 
 Etonnant. 
  http://www.ircam.fr/transmission.html?event=1179

Impressionnant dispositif à l’Ircam de spatialisation du son : ceinture de 264 haut-parleurs répartis autour du public pour la diffusion en WFS (Wave Field Synthesis) et d’un dôme de 75 haut-parleurs pour une diffusion tri-dimensionnelle en mode Ambisonique.

En clair le son se promène dans l’espace comme un papillon. Le son passe à côté de vous, vous contourne, repart et revient.

Etonnant.

http://www.ircam.fr/transmission.html?event=1179

by delphine queme

Merveilleux documentaire sur le cinéma expérimental au 20ème siècle avec  des témoignages de Hans Richter, Jonas Mekas, Stan Brakhage, ….  
  Les extraits sont longs et permettent de voir toute la créativité qui pouvait déjà exister, même avant l’ère du parlant.  
  La meilleure phrase du documentaire est prononcée par Hans Richter : “un artiste est quelqu’un qui va jusqu’au bout de sa vision”. Ca à l’air très simple mais en fait c’est très profond.  
  http://www.imdb.fr/title/tt1666305/

Merveilleux documentaire sur le cinéma expérimental au 20ème siècle avec des témoignages de Hans Richter, Jonas Mekas, Stan Brakhage, ….

Les extraits sont longs et permettent de voir toute la créativité qui pouvait déjà exister, même avant l’ère du parlant.

La meilleure phrase du documentaire est prononcée par Hans Richter : “un artiste est quelqu’un qui va jusqu’au bout de sa vision”. Ca à l’air très simple mais en fait c’est très profond.

http://www.imdb.fr/title/tt1666305/

by delphine queme

Il y a une quinzaine de jours je suis allée au vernissage de l’exposition de Todd Hido à la Galerie Particulière.

Todd Hido est surtout connu pour ses séries sur les maisons prises de nuit que j’apprécie énormément. J’aime moins le reste de son travail, notamment ses portraits (ceux qui sont flous, pas ceux qui sont pris dans des chambres d’hôtel ou des intérieurs).

Mais ma photographie préférée de l’exposition, de loin, n’est, étonnamment, pas une maison de nuit, mais la photo d’une voiture sur une route, prise de nuit elle aussi. Je trouve cette photo très cinématographique, et moins statique que toutes les autres. Elle nous raconte encore plus une histoire.

http://www.toddhido.com

http://lagalerieparticuliere.com

by delphine queme

Serge Nicolas et moi avons fait les soirées PARADISE MASSAGE il y a une dizaine d’années.

Les gens m’en reparlent toujours très régulièrement ce qui me fait toujours très plaisir !

La musique, les gens, le lieu (Le Pulp) tout ça en même temps a donné un petit truc un peu magique dont les gens se souviennent.

Nos flyers étaient présentés hier au vernissage de l’exposition FRENCH TOUCH : graphisme / video / electro au musée des arts décoratifs.

Dans la même pièce, étaient présentés des affiches d’Aquaplaning, dont Serge avait aussi fait le graphisme et qui me laisse aussi de très grands souvenirs musicaux !

http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/accueil-292/une-486/francais/publicite/expositions-96/actuellement-504/french-touch-graphisme-video/

by delphine queme

MA-GNI-FI-QUE documentaire sur Bill Cunningham, photographe de 84 ans pour le New York Times qui prend depuis plus de 30 ans des snapshots dans la rue de gens, qui ont du style. Bill Cunningham est un homme comme on en fait certainement plus ou très peu. Il est tellement passionné par ce qu’il fait que le reste n’a strictement aucune importance. L’argent, le confort matériel, les célébrités … tout ce qui pourrait flatter l’ego d’une personne comme vous et moi n’ont strictement aucune importance pour lui. On sent aussi (notamment à la fin dans la seule séquence où le réalisateur et son sujet discutent de sujets plus intimes) une extrême sensibilité : à peine la question sur sa vie privée posée qu’il cache immédiatement son visage et pleure. On sent que son activité effrenée est comme un élastique qu’il tire en permanence pour ne pas s’effondrer. C’est la parade qu’un homme ultra sensible aura trouvé pour donner du sens à son existence. 

http://www.zeitgeistfilms.com/billcunninghamnewyork/