Kindle vs. Hardcover by delphine queme


La version imprimée sur papier :



La version digitale :
















 La version kindle (dont je rappelle que le coût marginal de production est nul c’est à dire qu’une fois le premier exemplaire créé, le suivant ne coûte rien en production) est à 10,47 euros.

La version imprimée est à 11,63 euros.

Cherchez l’erreur.

En fait, les éditeurs vont faire la même erreur que l’industrie de la musique.

Reste que le glissement du partage de la marge doit être intéressant à analyser.

Worldometers by delphine queme

Fascinante page qui compile des statistiques en temps réel (algorithmes) pour le monde : nombre de naissances, nombre de décès, etc …
Certains chiffres sont souvent présentés avec une arrière pensée politique (et écologique) :
ainsi on trouvera juste à côté des dépenses mondiales consacrées aux soins médicaux, à l’éducation, les dépenses mondiales consacrées aux armées.


Les chiffres qui m’impressionnent personnellement le plus :
Naissances du jour

Décès du jour

Décès causés par la cigarette cette année

Décès provoqués par alcool cette année
Suicides cette année

Téléphones mobiles vendus aujourd’hui

Messages électroniques envoyés aujourd’hui

Température moyenne courante (°C) (température qui n’a aucun sens mais qui symboliquement nous réunit !)

Personnes mortes de faim aujourd’hui (juste au dessus de : Argent dépensé en programmes de perte de poids aux Etats-Unis aujourd’hui (US$))

Personnes n’ayant pas accès à un point d’eau potable

Jours restants jusqu’à la fin du pétrole




http://www.worldometers.info/fr/

Trésor des Médicis by delphine queme

Magnifique exposition au Musée Maillol.
Deux tableaux extraordinaires y sont présentés.
Le portrait d’Eléonore de Tolède par Agnolo Bronzino (1543), qui est sur l’affiche de l’exposition et le portrait de Tommaso Inghirami par Raphaël.
J’ai remarqué également un merveilleux petit tableau qui décrit l’enfer d’une façon un peu à la Jérome Bosch sauf que ce tableau a la particularité d’être vide et noir en son milieu, et bordé de petits personnages et animaux sur son pourtour. Quelle modernité de peindre du vide dans un tableau à cette époque ! Malheureusement je n’ai pas photographié ce tableau et ne l’ai retrouvé nulle part sur internet ou dans un catalogue.

Le Bronzino et le Raphael :





http://www.museemaillol.com/

Harris Savides by delphine queme

Harris Savides est le meilleur directeur photo contemporain.

Je me souviens avoir vu
the Yards en 2000 de James Gray et être sortie absolument époustouflée par la photographie (j’aurais pu m’en rendre compte même avant avec le cultissime “The Game” de David Fincher avec Michael Douglas).

Cela a continué derrière avec
Elephant de Gus van Sant puis Birth du brillantissime et malheureusement peu prolixe Jonathan Glazer.

Suivront
Zodiac de David Fincher qui est un film d’une précision impressionnante et enfin American Ganster de Ridley Scott.

Il a fait le dernier Woody Allen et le dernier Sofia Coppola.



Voici quelques plans :










http://www.imdb.com/name/nm0767647/

Jean-Luc Giribone by delphine queme


Passionnante interview de Jean Luc Giribone, en préambule au colloque “Au-delà du moi, la liberté ? - Psychanalyse, philosophie et méditation”.(1)
Normalien, agrégé de lettres, éditeur, professeur en France et aux Etats-Unis, écrivain, il aborde dans cet entretien réalisé par Nicolas D’Inca, la communauté évidente de la “recherche du soi” qui existe entre la psychanalyse et le bouddhisme, en comparant notamment Jacques Lacan dont il a suivi les séminaires et Chögyam Trungpa.

Là où l’entretien devient réellement intéressant c’est quand il introduit la notion de paradoxe qui devient nécessaire pour résoudre des problématiques aussi bien de recherche de soi que dans des pratiques thérapeutiques plus classiques. Il souligne ainsi le paradoxe du bouddhisme zen dont l’essence est “zazen”, pratique de la méditation assise, qui consiste précisément à “ne rien faire”. Et encore, il aurait pu préciser que non seulement on doit “s’asseoir et ne rien faire” mais encore on doit le faire sans chercher à obtenir quoique ce soit …
Et c’est sans chercher à obtenir quoique ce soit et en ne faisant rien que l’on créé “du jeu” et de l’espace pour quelque chose.

Il existe quelques livres sur le sujet (2), tous un petit peu décevants, mais il me tarde de lire un jour une analyse comparative pertinente entre le bouddhisme zen et la psychanalyse.

Le bouddhisme zen (et non les autres formes de bouddhisme comme le bouddhisme tibétain qui selon ma compréhension “promet” plus que le bouddhisme zen qui, comme le souligne très justement Jean Luc Giribone “déçoit” toujours car il ne donne pas de réponse) précise très bien le “biais” psychologique qu’introduit l’ego dans la vie de chacun.
Shunryu Suzuki dans le monumental “Esprit zen, esprit neuf” le dit très bien :
"tant que vous pensez : "Je suis en train de faire ceci", ou "je dois faire ceci", ou "je dois atteindre quelque chose de spécial", en réalité vous ne faites rien. Quand vous abandonnez, quand vous avez cessé de vouloir quelque chose, ou que vous n’essayez pas de faire quelque chose de spécial, alors vous faites quelque chose."
En d’autres termes, quand vous pensez égocentriquement à ce que vous faites, vous n’êtes plus dans ce que vous faites. C’est aussi simple que cela.
Je pourrais citer également Herrigel que j’ai déjà cité dans ce blog :
"Quand tout découle de l’oubli total de soi et du fait qu’on s’intègre à l’évènement sans aucune intention propre, il convient que, sans aucune réflexion, direction ou contrôle, l’accomplissement extérieur de l’acte se déroule de lui-même". (dans “Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc”).

Dès que l’on est orienté par l’ego on “sort” de soi et on n’est plus dans une appréhension authentique, directe et réelle de sa vie. On se déplace en quelque sorte de soi.
On peut reprendre à ce titre et pour illustrer mon propos l’image du tireur à l’arc qui vise la cible : la trajectoire de son oeil à la cible est structurellement en décalage avec la trajectoire de la flèche !

Que nous dit la psychanalyse ? La même chose. Qu’il faut tout autant enlever les couches qui au fil des années et notamment dans l’enfance on recouvert ou “tordu” notre moi authentique. La psychanalyse permet de se “retrouver” et de comprendre qui on est vraiment.
Comme le formulait très bien Lacan qui expliquait les trois étapes fondamentales d’une psychanalyse :
1) je parle mais ce n’est pas moi qui parle à quelqu’un qui n’est pas celui auquel je m’adresse
2) c’est moi qui parle mais toujours pas à celui à qui je m’adresse
3) c’est enfin moi qui parle et réellement à la personne à qui je m’adresse (on retrouve la trajectoire de la flèche si vous voulez !)

Dans le bouddhisme zen, comme dans la psychanalyse, on essaye si ce n’est de gommer mais au moins d’avoir conscience des projections qui déforment notre appréhension de la réalité et des autres. Il s’agit d’arrêter de se “mentir” à soi-même.

Un troisième élément de perspective serait pour moi l’analyse de la création artistique qui trouverait parfaitement sa place après cette analyse comparative de la psychanalyse et du bouddhisme zen dans la recherche du soi, puisque précisément l’artiste “authentique” est tout entier dans son expression, et plus l’artiste oublie son ego et plus, selon moi il nous touche, car il n’est pas “cyniquement” à côté de son oeuvre mais dedans.

L’entretien :
http://philosophies.tv/spip.php?article255

Le blog de Nicolas d’Inca :
http://psychologie-meditation.blogspot.com/

———————————————-

(1) : Le colloque :
http://psychologie-meditation.blogspot.com/2010/09/au-dela-du-moi-la-liberte-bouddhisme-et.html

(2) : "Bouddhisme Zen et psychanalyse"
de Fromm Erich, Suzuki Daisetz Teitaro, et Martino Richard
"Le bouddhisme au risque de la psychanalyse"
de Eric Vartzbed
"Bouddhisme et psychanalyse" de Nina Coltart, Fabrice Midal, et Corinne Marotte


Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois by delphine queme


Ce n’est pas un film sur la religion. C’est plus que cela. C’est un film sur ce qui fait la beauté des hommes : leurs valeurs et leurs principes qu’ils peuvent placer au-delà d’eux-mêmes pour donner un sens à leur vie, pour donner un sens à la vie.

Je remarque dans ce film une photographie absolument exceptionnelle : je n’avais pas vu ça en France depuis bien longtemps. La directrice photo est Caroline Champetier (Villa Amalia, L’avocat de la terreur, …).
Arrivera-t-elle à concurrencer mon directeur photo préféré depuis au moins 10 ans, j’ai nommé Harry Savides (Elephant, The Yards, Zodiac, Birth, American ganster, ….) ?
Je ne le sais pas, mais en tout cas je n’avais jamais vu dans un film français une telle finesse des couleurs dont la non saturation et les nuances ainsi que la sobriété sont vraiment impressionnantes (les murs verts délavés, le bleu du monastère, les bruns et les verts des paysages, les visages des moines, certains noirs dans les scènes de nuit, etc ….).
Je pensais vraiment avoir affaire à une directrice photo assez jeune et avec une forme de courage dans la sobriété (un peu à la Harry Savides que l’on sent quand même énormément derrière sa photo même s’il travaille avec de grands réalisateurs).
En fait il s’agit d’une femme qui a déjà une très très longue expérience. On est donc en présence de quelqu’un qui a travaillé son art toute sa vie (je ne sais plus quel essayiste classait les artistes en deux catégories : ceux qui, jeunes, ont la fraicheur et l’inconscience d’une forme de génie et ceux qui perfectionnent leur art et atteignent leur apogée à la fin de leur vie).

Les acteurs sont touchants. Michael Lonsdale est magistral comme toujours. Je crois que cet homme pourrait réciter un annuaire face à une caméra et cela aurait un charme fou.

Une remarque très personnelle (je ne suis pas cinéaste) : j’aurais fini le film après la séquence des visages heureux puis tristes (après que Michael Lonsdale ait lancé la musique de son “ghettoblaster” monacal …). Le film tient tout du long sur le fait que l’on connait la fin et j’aurais trouvé élégant de ne jamais aller jusqu’au dénouement fatal.

Xavier Beauvois lors de la projection, au delà de ses remarques sur le foot, le haschich marocain et Brice Hortefeux, m’a profondément touchée lors qu’il a parlé de sa rencontre avec le moine qui a survécu à cette affaire : il nous a dit qu’il y avait une telle bonté qui émanait de lui qu’il ressentait alors très fortement “qu’on sentait que cet homme avait réussi sa vie”.
C’est cette humanité là que l’on veut dans les films.
On en a eu un peu dans Des hommes et des dieux.



Andrea Star Reese by delphine queme

est une photographe de 58 ans qui vit à New York. Elle vient du film documentaire.
J’ai découvert son travail dans Images magazine de cet été. Elle sera exposée à Perpignan au festival de photojournalisme.



Au départ je pense que j’aime car elle me rappelle un de mes photographes préférés (dont je parle régulièrement dans ce blog) : Philip-Lorca Dicorcia






A lire : interview d’Andrea Star Reese pour le New York Times :

http://lens.blogs.nytimes.com/2010/07/20/showcase-190/

Chameleon Herbie Hancock by delphine queme

Je réécoute depuis quelques jours quelques vinyls de ma collection et suis retombée sur le magnifique “Blacker” des Ballistic Brothers (dont fait partie Ashley Beedle), inspiré du non moins lumineux “Chameleon” de Herbie Hancock (Head Hunters).

Je ne crois pas en Dieu mais à 0’58” de la video, on se dit qu’il y a quand même quelque chose qui transcende l’humain.

Enjoy.


Ballistic brothers :”Blacker”



Tribute to the soul we lost by delphine queme


Un des morceaux (de Moodymann) que j’ai le plus joué et écouté de ma vie.
C’est sublime. Ultra hypnotique et très soulful.
Surtout c’est un morceau qui incarne complétement la house pour moi. Souvent à l’époque on entendait des choses un peu funky avec un pied en avant, le tout à 126 bpm, et hop on disait que c’était de la house. Mais souvent c’était des morceaux qui aurait pu être fait 10 ou 20 ans avant sauf qu’ils étaient plus rapides et produits un peu différemment.

Ce morceau là n’aurait jamais pu être produit avant l’époque où il a été produit. Il était complétement nouveau et en même temps il trempait encore allègrement dans tout ce dont il descendait : la soul des années 70 notamment.
Je dois l’avoir en 4 exemplaires. J’avais cru avoir perdu le premier exemplaire et j’en avais été tellement malade que j’ai systématiquement racheté des copies derrière pour ne plus jamais ressentir ça !

Enjoy.

PS (TRES IMPORTANT) : il est absolument nécessaire d’écouter la première minute et quelques 30 secondes du début pour s’envoler avec le premier kick.



Musique : le chiffre qui tue .... by delphine queme

2% des disques sortis en 2009 ont représenté 91% des ventes aux Etats-Unis en 2009.

Dit autrement, seuls 2050 albums (2%)
sur 97,751 albums sortis, ont été vendus à plus de 5000 exemplaires.







Faut-il en être triste pour autant ?
Je ne crois pas. Chacun doit faire selon sa propre envie. Si j’ai envie d’acheter un morceau uniquement parce que je l’ai entendu dans un magasin de vêtements puis dans un club ou dans une pub pour un site web, et me limiter à ça pourquoi pas ? Je serais un peu passive dans mon achat mais pourquoi pas ? Si au contraire j’ai une sorte de curiosité naturelle et je m’intéresse à tel groupe qui est produit par tel producteur lequel a son propre label qui a signé aussi tel groupe qui est encore mieux que le premier, pourquoi pas non plus ? On appartient à l’une ou l’autre de ces catégories selon sa propre nature, son caractère. Etre curieux demande non seulement du temps mais aussi de l’énergie, lesquelles permettent d’acquérir les connaissances indispensables. Tout le monde n’est pas prêt à investir ce temps et cette énergie, et en plus, je crois profondément que ce n’est même pas une question de choix ni de décision mais que c’est plus fort que soi et relève tout simplement de la nature profonde de chacun.

http://www.billboardbulletin.com/bbbiz/search/article_display.jsp?vnu_content_id=1004095213

(merci à Olivier)

Jeff Wall et Paul Graham by delphine queme

J’ai acheté récemment “Qu’est ce que la photographie aujourd’hui” (Beaux Arts éditions) car je retrouvais dans ce “guide” la plupart des photographes que j’aime.




Les deux plus belles photos selon moi dans ce livre sont une photo de Jeff Wall intitulée “Milk” qui date de 1984 et une photo de Paul Graham issue de la série “Shimmer of Possibility” New Orleans, 2004-2006 :