#painting

Dessins de maîtres à la fondation Custodia (Musée Pouchkine) by delphine queme

Splendides dessins. Exposition d'autant plus intéressante qu'elle nous amène de la renaissance italienne au 20 ème siècle, ce qui est finalement assez rare de nos jours, en tout cas en peinture ou en photographie où on est souvent limité à une époque précise. 

Les dessins que j'ai préférés sont les suivants :  

Watteau

Watteau

Write here… 

Toulouse Lautrec

Toulouse Lautrec

 

Matisse

Matisse

Ivan Bilibine (illustrateur des contes russes de mon enfance) : Baba Yaga et les femmes oiseaux

Ivan Bilibine (illustrateur des contes russes de mon enfance) : Baba Yaga et les femmes oiseaux

Aquarelle magnifique de Alexandre Deïneka peintre que je ne connaissais pas

Aquarelle magnifique de Alexandre Deïneka peintre que je ne connaissais pas

Jan van Eyck by delphine queme

The Arnolfini Portrait (detail) by Jan van Eyck (1434) - National Gallery, London

Flemish paintings have always been celebrated for the beauty of the details. In the Arnolfini portrait the miror on the wall reflects a whole new scene, probably the painter with another person (his own wife ?). 

In Le prêteur et sa femme (1514)  - Musée du Louvre, it reflects the outside through the window and an extra person which is not present in the painting itself.

These details in mirors remind me of this photograph of the master of photography August Sander. In The right eye of my daughter Sigrid (1928) - Moma, one can see again as in the Quentin Metsys painting a window opening the scene on the outside.

Edward Hopper by delphine queme

New York office (1962) by Edward Hopper (Montgomery museum of fine arts)

Edward Hopper is naturally one of my very main inspirations. First his need for emptiness which often occupies a major part of space in his paintings (like in New York office or in Nighthawks), also his need for almost peoplelessness (people are sometimes there, but often lonely, sad, not really alive or moving, like a part of the landscape). I look for emptiness and straight lines in my pictures too. It makes me feel confortable.  The person who offered me my first exhibition talked about the "poésie du vide" that remained in my pictures.

Also about Hopper, recently i went to a Vermeer exhibition and what really stroke me was how Hopper and Vermeer were related. How the light arrives from outside in a scene,  the windows, the interiors, the ordinary people inside their place, their loneliness. 

Le polyptyque du Jugement Dernier de Rogier Van der Weyden by delphine queme

A l'occasion d'un shooting, je me suis rendue à Beaune la semaine dernière et j'ai pu enfin voir ce polyptique que j'admirais dans les livres depuis tant d'années.

Ci-dessous quelques photos prises dans la pénombre de la salle où il est exposé. Le tableau semble en mauvais état ce qui me semble assez scandaleux pour un chef d'oeuvre de cette envergure.

Rogier van der Weyden, est un de mes peintres préférés, ce qui ne surprendra pas les lecteurs de ce blog qui y ont souvent lu des articles sur les peintres primitifs flamands.

 

Il y a quelques temps, je visitais au Louvre une des salles consacrée justement à la peinture flamande, guidée par une conférencière érudite en la matière. Après qu'elle nous ait overdosés de détails iconographiques et historiques sur les tableaux que nous regardions, je lui ai finalement demandé pourquoi La vierge au chancelier Rolin était un chef d'oeuvre manifeste comparé aux autres tableaux de la même salle (qui comportait des tableaux tout à fait exceptionnels, des Memling notamment mais pour moi d'une force moindre). Elle n'a pas su me répondre.

Et en fait quand on rentre dans la salle du polyptique à Beaune, on comprend.

On comprend que le peintre est allé jusqu'au bout.

Sur le polyptique on voit que Rogier van der Weyden est allé au bout de ce qui est possible en couleurs, en formes, en textures, en idées, en finesse, .... Et sur un polyptique de cette dimension, la somme de tout cela, cette profondeur, vous assaillit.

C'est en tout cas la sensation que j'ai eue.

 

 

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden (détail)

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden (détail)

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden (détail)

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden (détail)

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden (panneau central)

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden (panneau central)

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden

Polyptique du jugement dernier de Rogier van der Weyden

by delphine queme

Cette exposition réunit des oeuvres absolument magnifiques, notamment des toiles de Jérome Bosch (dont le Jardin des délices!), un tableau de Hans Memling (ci-dessus) mais surtout elle réunit plusieurs toiles de Joachim Patinir, un de mes peintres préférés dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises dans ce blog. Patinir a été le premier à peindre ces paysages rocheux, surnaturels, où ses bleus et ses verts (ici exceptionnellement ses rouges) se mélangent au delà de toute réalité possible. Je retrouve de ses paysages dans ceux des peintres italiens dont notamment les deux Vierge au rocher (celle du Louvre et celle de la National Gallery) de de Vinci. Cependant, et malheureusement comme d’habitude, Patinir n’est pas mis en avant par les commissaires d’exposition (ni sur l’affiche, ni sur la couverture du catalogue). Je ne comprends pas cette non reconnaissance persistante de ce génie de la peinture.

by delphine queme

Petite exposition réussie, comme toujours au Musée du Luxembourg.

Beaucoup de spécialistes remarques souvent en premier les couleurs chez ce peintre vénitien. Personnellement, ce qui me touche plus ici c’est réellement la modernité et la simplicité (qui vont ensemble me semble-t-il) des visages.

On le voit particulièrement dans ce tableau de la Vierge et l’enfant.

Un tableau extraordinaire qui surnage complètement dans l’exposition : un portrait de Jésus dont la photo vous donnera qu’une très faible idée. La lumière de ce tableau est magnifique. Le regard perdu aussi.

by delphine queme

Cette semaine j’ai flirté avec les anges …

J’ai été bouleversée à m’en retenir de pleurer par la Sainte Anne de Léonard de Vinci, et deux jours après, je n’ai juste pas compris ce qui m’arrivait quand Yusef Lateef, accompagnant Ahmad Jamal en concert à l’Olympia, nous a hypnotisés avec ses notes posées ça et là de façon quasi abstraite créant une musique qui vous submergeait.

Je ne crois pas en Dieu. Mais là il y a quand même quelque chose qui m’échappe dans tout ça …

L’exposition autour de la Saint Anne de Léonard de Vinci était tout simplement magnifique !

Je dis “étais” car, comme à mon habitude, j’y suis allée le dernier jour ….

Nous seulement on voit la genèse du tableau, les travaux de préparation, mais aussi ce qu’il y a de passionnant ce sont les copies de l’époque, essentiellement par les membres de son atelier ou par d’autres peintres contemporains. C’est vraiment là que l’on voit  à quel point Léonard est complètement au-dessus du lot.

Je crois que c’est Philippe Sollers qui disaient que les gens aiment Mozart car sa musique est d’une telle évidence, fluidité, simplicité. C’est la même chose pour Leonard, tout semble évident dans ce tableau.

C’est quand on voit le détail non réussi d’un visage ou d’une main, d’un volume ou d’une perspective chez un autre peintre que l’on se rend compte que le parfait équilibre chez Léonard tient du miracle.

Tous les spécialistes parlent de la fameuse diagonale qui se dessine entre les trois visages et qui est effectivement ce qui apporte sa magie au tableau, mais personnellement ce qui m’a toujours surpris c’est l’excessive proximité entre Sainte Anne et Marie. Pour moi, Sainte Anne n’est là qu’en rêve, comme pour protéger sa fille et l’enfant Jésus.

Comme dans ce tableau de Hans Memling où l’homme lisant à son fils défunt à côté de lui (ici)

Un seul regret : je m’attendais vraiment à voir la Vierge aux Rochers de la National Gallery de Londres (afin de la mettre en face de celle du Louvre) dont j’aime particulièrement le paysage lointain qui me rappelle les primitifs flamands.

Je suis sortie éberluée par l’exposition. J’ai oublié mon casque au vestiaire.

Re-rentrer dans le quotidien de la vie en regardant mes messages sur mon iPhone ou en écoutant de la musique m’a semblé d’une vulgarité sans nom.

Edvard Munch à Pompidou by delphine queme

Tradition respectée puisque je poste sur cette exposition alors qu’elle n’est ouverte au public encore que … aujourd’hui.

Contrairement à l’exposition sur la cité interdite dont je parlais il y a peu sur ce même blog, le concept de l’exposition sur Munch est quant à lui limpide : montrer que Munch est un peintre du 20ème siècle plus qu’il n’est un peintre du 19ème. Montrer la modernité de son oeuvre picturale.

Voilà une idée forte. Elle est du reste parfaitement démontrée dans l’exposition. On en ressort à mon avis plus intelligent que d’une exposition qui tenterait d’accumuler un savoir encyclopédique et exhaustif.

Munch est un grand peintre : on sent son humanité derrière chacun de ses tableaux.

Le tout premier tableau de l’exposition m’a plongé dans cette humanité à fleur de peau :

Munch est pour moi une sorte de mélange d’Egon Schiele pour sa mélancolie et sa violence, de Francis Bacon pour sa profondeur, et d’Edward Hopper pour sa douceur (voir en particulier pour la référence à Hopper les couples peints de dos).

2 dernières remarques : la salle consacrée aux oeuvres “répétées” que j’ai trouvé fascinante :

Et l’absence du tableau “Le cri” dont on peut résolument dire que la modernité du peintre y éclate brillamment.

Trésor des Médicis by delphine queme

Magnifique exposition au Musée Maillol.
Deux tableaux extraordinaires y sont présentés.
Le portrait d’Eléonore de Tolède par Agnolo Bronzino (1543), qui est sur l’affiche de l’exposition et le portrait de Tommaso Inghirami par Raphaël.
J’ai remarqué également un merveilleux petit tableau qui décrit l’enfer d’une façon un peu à la Jérome Bosch sauf que ce tableau a la particularité d’être vide et noir en son milieu, et bordé de petits personnages et animaux sur son pourtour. Quelle modernité de peindre du vide dans un tableau à cette époque ! Malheureusement je n’ai pas photographié ce tableau et ne l’ai retrouvé nulle part sur internet ou dans un catalogue.

Le Bronzino et le Raphael :





http://www.museemaillol.com/

Edward Hopper à Lausanne by delphine queme

Merci à JBP sur les bons conseils duquel je recommande vivement cette exposition dont l’affiche est, soi dit au passage, magnifique :




Edward Hopper est un poète.
J’adore ses paysages (notamment les peintures de maisons) mais rien de plus beau quand une personne entre dans un décor de préférence urbain et plutôt minimaliste.


Voici quelques uns de ses tableaux que je préfère :







La collection Brukenthal by delphine queme


Magnifique exposition au musée Jacquemart-André que je suis allée voir, pour les primitifs flamands avant tout.
Parfois un tableau peut suffire à mon bonheur dans toute une exposition ou même tout un musée.

Ici c’est deux tableaux.

Tout d’abord L’homme au chaperon bleu de Jan VAN EYCK, tableau star de l’exposition :




Un tableau absolument extraordinaire.

D’abord attribué à Albrecht Dürer (un autre de mes peintres préférés), c’est un tableau d’une très petite taille.
Après ce premier choc, on a un deuxième choc : ce bleu irréel, particulièrement pour un tableau du 16ème siècle.
Ensuite on est impresionné par la finesse du visage : finesse des traits, rendu de la texture d’une peau, d’une barbe naissante ou d’un cerne sous l’oeil.


Le deuxième tableau qui me bouleverse dans cette exposition est un portrait de Hans Memling :
Homme lisant, son fils derrière lui (titre alternatif : Donateur priant - avec son fils défunt)



Quand on regarde sans a priori ce tableau on est surpris par sa construction qui dérange un peu : pourquoi ce garçon est si près derrière cet homme ? Cela semble presque une erreur. Puis on se dit qu’il n’est pas vraiment là, qu’il est rêvé. Le peintre met finalement au même plan une personne vivante et une personne défunte (o
n apprend d’ailleurs qu’il a rajouté le fils dans un second temps).
Là aussi finesse absolue : rendu de la fourrure, délicatesse du visage, beauté des mains, beauté des couleurs - magnifique bleu gris dans la partie droite du tableau - , …). Reste le visage de l’enfant : toujours peint comme un petit visage d’adulte et non comme un visage “réel” d’enfant.

La salle des paysages me déçoit un peu : le Paysage montagneux avec un moulin de Jodocus DE MOMPER et Jan II BRUEGHEL (atelier) :



fait selon moi pâle figure à côté des toiles de mon idole absolue, Joachim Patinir, maître inégalé (selon moi) du paysage flamand du 15è/16è siècle :



(voir mon post sur l’exposition Patinir au Prado en 2007 :
http://delphinequeme.blogspot.com/2007/09/patinir-exhibition.html)


Un dernier mot sur la scénographie que j’ai trouvé excellente.



On a vraiment l’impression de pénétrer dans un écrin de bijou. Les couleurs sombres mettent les oeuvres magnifiquement en valeur.

L’exposition a son propre site (suffisamment rare pour être souligné) :
http://www.culturespaces-minisite.com/brukenthal/index.html

Lynn Saville by delphine queme


EYEMAZING est un magazine de photographie néerlandais que je ne connaissais pas et qui m’a permis de découvrir une photographe dont j’aime énormément l’univers et particulièrement les couleurs : Lynn Saville.


Voici quelques pages du magazine (issue 4 de 2009 - à sortir prochainement) :





cette dernière photo m’a tout de suite rappelé un tableau de Jerry Bywaters (peintre américain figuratif du 20ème siècle) que j’adore :




Les deux ont souvent une pointe de poésie et presque de féérie dans des représentations très réalistes (voir par exemple la photo avec la maison jaune que l’on croirait presque être une illustration de contes pour enfants).


Voici une sélection de quelques photos de Lynn Saville que l’on peut voir sur son site :








http://www.eyemazing.com/
http://www.lynnsaville.com

(merci à Frédéric)

Pierre Soulages by delphine queme


"Le fruit n’est pas dans la connaissance mais dans l’acte de saisir".
Merveilleuse phrase que je cite d’un dvd sur le peintre Pierre Soulages, acheté récemment à la librairie du centre Pompidou.

Je ne sais plus où j’ai vu pour la première fois un tableau de Pierre Soulages. Je crois que c’était au musée d’art moderne de Paris. Un tableau immense. En tout cas je me souviens d’une émotion très vive, d’une profondeur, de quelque chose d’assez fort.

Comme il le dit lui même dans ce documentaire, l’art abstrait un “art qui met en branle une émotion, une sensibilité intellectuelle à partir de formes qui ne représentent pas.”
Ce que l’on ressent est inexplicable de toute façon.
Je pense, et il a raison de souligner que c’est particulièrement vrai pour les formes abstraites, que l’on ressent face à une oeuvre que ce que l’on y met.
C’est flagrant en art abstrait mais je trouve, et c’est mon avis personnel, que c’est aussi flagrant pour des oeuvres ou des artistes que l’on ne connait pas au moment de la rencontre avec l’oeuvre. Car il me semble que l’on a tendance à plus aimer, toutes choses égales par ailleurs, ce que l’on connait.



http://www.crdp-montpellier.fr/ecole-des-arts/soulages/index.htm
http://www.pierre-soulages.com/


PS : je mets ci-dessus en illustration une toile de Pierre Soulages pour ceux qui ne connaissent pas ce qui est vraiment stupide de ma part puisque cette représentation en 2 dimensions ne traduit en aucune façon l’émotion que l’on peut ressentir devant ses tableaux.
C’est, du reste, ce qui pour moi caractérise l’art contemporain qui va m’intéresser : une oeuvre que l’on ne peut plus simplement “voir” mais que l’on doit aussi “vivre”.
Je crois que j’avais fait la même remarque pour les sculptures de Ron Mueck quand elles avaient été présentées à la Fondation Cartier.