/ by delphine queme

Cette semaine j’ai flirté avec les anges …

J’ai été bouleversée à m’en retenir de pleurer par la Sainte Anne de Léonard de Vinci, et deux jours après, je n’ai juste pas compris ce qui m’arrivait quand Yusef Lateef, accompagnant Ahmad Jamal en concert à l’Olympia, nous a hypnotisés avec ses notes posées ça et là de façon quasi abstraite créant une musique qui vous submergeait.

Je ne crois pas en Dieu. Mais là il y a quand même quelque chose qui m’échappe dans tout ça …

L’exposition autour de la Saint Anne de Léonard de Vinci était tout simplement magnifique !

Je dis “étais” car, comme à mon habitude, j’y suis allée le dernier jour ….

Nous seulement on voit la genèse du tableau, les travaux de préparation, mais aussi ce qu’il y a de passionnant ce sont les copies de l’époque, essentiellement par les membres de son atelier ou par d’autres peintres contemporains. C’est vraiment là que l’on voit  à quel point Léonard est complètement au-dessus du lot.

Je crois que c’est Philippe Sollers qui disaient que les gens aiment Mozart car sa musique est d’une telle évidence, fluidité, simplicité. C’est la même chose pour Leonard, tout semble évident dans ce tableau.

C’est quand on voit le détail non réussi d’un visage ou d’une main, d’un volume ou d’une perspective chez un autre peintre que l’on se rend compte que le parfait équilibre chez Léonard tient du miracle.

Tous les spécialistes parlent de la fameuse diagonale qui se dessine entre les trois visages et qui est effectivement ce qui apporte sa magie au tableau, mais personnellement ce qui m’a toujours surpris c’est l’excessive proximité entre Sainte Anne et Marie. Pour moi, Sainte Anne n’est là qu’en rêve, comme pour protéger sa fille et l’enfant Jésus.

Comme dans ce tableau de Hans Memling où l’homme lisant à son fils défunt à côté de lui (ici)

Un seul regret : je m’attendais vraiment à voir la Vierge aux Rochers de la National Gallery de Londres (afin de la mettre en face de celle du Louvre) dont j’aime particulièrement le paysage lointain qui me rappelle les primitifs flamands.

Je suis sortie éberluée par l’exposition. J’ai oublié mon casque au vestiaire.

Re-rentrer dans le quotidien de la vie en regardant mes messages sur mon iPhone ou en écoutant de la musique m’a semblé d’une vulgarité sans nom.