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George Duke by delphine queme



La semaine dernière je suis allée au concert de George Duke au New Morning (où je ne peux pas m’empêcher de crânement rappeler que j’ai vu, adolescente, Curtis Mayfield !!!!! ou encore Prince !!!! ).


Voici deux solos : celui du bassiste et celui du batteur. J’ai eu la chance de me trouver au bon endroit à chaque fois pour filmer tout ça.











Go Segawa by delphine queme



Ses sculptures sont faites d’une manière si évanescente que l’on se demande si c’est véritablement un objet ou si c’est une apparition fantômatique, comme un calque en transparence posé sur la réalité.






















Il est exposé jusqu’au 3 décembre 2011 à la galerie espace marie robin (18 rue de Montmorency - Paris 3ème).

Musée Guimet by delphine queme

Il y a quelques semaines je suis allée voir l’exposition “Ofuda” au Musée Guimet.
Étonnamment ce ne sont pas les “Ofuda” eux-mêmes (images gravées sur papier ou sur bois au Japon qui représentent un être vénéré dans le bouddhisme) qui m’ont impressionnée mais deux statues absolument magnifiques dont j’ai pris les photos (de mauvaise qualité car prises de mon iPhone).
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Comme souvent, les statues qui m’interpellent ont l’air presque vivante.

Oth sOmbaTH by delphine queme

C’est à l’occasion d’un dîner de blogueurs organisé par mon ami Fabien Nègre, qui me parle gastronomie et grands restaurants depuis plus de 20 ans maintenant, que j’ai découvert le restaurant sOmbaTH.
Je connaissais déjà le chef, dont je fréquentais dans les années 90 l’alors célèbre établissement : The Blue Elephant (rue de la Roquette) et dont je garde un souvenir enchanteur.

C’est donc déjà avec un a priori positif que nous entamons ce repas thaïlandais.

Nous commençons avec des Saint-Jacques, sauce coriandre parfaites. Beaucoup de délicatesse et de parfums dans cette cuisine thaïlandaise rarement aussi sophistiquée.
Puis un magret de canard accompagné d’un velouté au lait de coco dont on s’étonne qu’il ne soit pas très chaud mais simplement tiède, ainsi que le veut notre chef.
Suit une copieuse dorade dans sa magnifique fleur de bananier et enfin nous terminons avec un filet de veau parfumé à la banane et au cumin mais dont c’est le riz d’accompagnement qui me surprend incroyablement par son mélange de parfums cristallin.

Dans un décor que l’on aurait aimé plus exotique, à la mesure de sa cuisine, pour être totalement dépaysé, ce restaurant au milieu d’un 8ème arrondissement souvent triste et convenu, vous surprendra je l’espère autant que moi.

Kees Van Dongen by delphine queme


Magnifique exposition au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris.

Pendant mon enfance et mon adolescence, mes parents comptaient dans leur cercle d’amis une femme qui avait connu et posé pour des peintres comme Van Dongen.
C’est donc “enchantée” par ce nom, mythique pour moi depuis de si nombreuses années, que je me suis rendue à cette exposition.

Je m’attendais à des portraits de femme dont je connaissais la “patte” : yeux surlignés de noir profond, lèvres rouge vif, le contour des silhouettes diffus, …..


















… et j’ai découvert des oeuvres de jeunesse très émouvantes (magnifique portrait de son père, 1901), des dessins d’une extrême délicatesse (Intérieur pauvre, 1898) et un choc : Les lutteuses, grand format que je découvre pour la première fois :



Ma préférence va décidément à ces tableaux “pleins”,


avec des fonds rouges :

 


ou des fonds bleus :


Ces tableaux qui me rappellent ceux d’un autre artiste, contemporain celui-là, dont j’ai déjà parlé dans ce blog : Djamel Tatah (ici).
 





Kei by delphine queme


Kei est un restaurant tenu par un japonais, Kei Kobayashi, qui revisite la cuisine occidentale avec une finesse et une délicatesse impressionnantes.

Vous choisissez un menu à 4 ou 5 plats et vous découvrez le choix du chef au fur et à mesure que les plats arrivent. Nous avons eu droit à :
- un foie gras (certainement le meilleur que je n’ai jamais mangé)
- un gaspacho (généralement je n’aime pas trop les gaspachos, là j’ai adoré)
- une viande (du canard avec sa chair caramélisée et ses petites pommes de terre toutes simples; le simple mélangé au très sophistiqué, un vrai régal)
- un poisson dont la chair, retravaillée façon tempura, en fait un mélange de textures surprenant
- un sorbet au yahourt avec des fraises des bois et les meilleures framboises que je n’ai jamais mangées de ma vie (goût absolument parfait et aucune acidité)
- un biscuit salé accompagné d’une crème au thé vert et aux fruits rouge et d’un caramel fondant


Toutes ces saveurs, ces textures, tous ces mélanges c’est ce qui fait la qualité de cette cuisine. C’est assez difficile à expliquer. Il faut goûter !

J’ai deux choses que j’aimerais dire de ce repas.

Tout d’abord, quand on se nourrit de cuisine d’une telle qualité, je peux vous dire que l’on n’a absolument pas faim pendant très longtemps après (j’ai à peine dîner). En fait, on se rend compte que souvent on mange n’importe quoi et on a vite faim parce que ce que l’on a mangé ne procurait pas la dose de plaisir que l’on devrait normalement en retirer.

L’autre remarque que je me suis faite, c’est pourquoi quelqu’un va aussi loin dans une activité somme toute banale : la cuisine ? Quelle énergie détermine certaines personnes à faire les choses aussi merveilleusement et d’autres à se contenter de faire les choses en surface ? Une question que je me pose souvent ….











Merci à O.H. et C.B.

Mikio Naruse by delphine queme


Il y a quelques semaines, un ami, collectionneur de films japonais, me prête quelques dvds parmi lesquels “Le Repas” de Mikio Naruse.
Pressentant la puissance du film, je laisse passer 10 jours, le temps d’avoir devant moi une soirée calme où je sais que je vais pouvoir vraiment donner toute mon attention au film, sans être déconcentrée par autre chose. A raison.
Quel choc …..
Ce film est d’une finesse et d’une délicatesse étourdissantes.
Le réalisateur arrive à nous amener à une telle intimité des sentiments de ses personnages, eux-mêmes d’une telle banalité, que le contraste en est impressionnant.
Cette qualité de perception si sobre des sentiments, Mikio Naruse l’a comme très peu de réalisateurs l’ont. Le seul nom qui me vient à l’esprit est Jean Renoir. Alors bien sûr j’imagine la chance d’un réalisateur qui ne “réalise” pas ce qu’il fait et m’empresse d’acheter un autre de ses films, édité en Criterion, “When a woman ascends the stairs”. Là je me rends compte qu’il ne s’agit pas de chance mais bien du génie de Naruse, qui a su caractériser, au moins dans ces deux films, le doute et la violence de la vie dans ce qu’ils ont de si envahissants et de si insaisissables.




Dans chacun de ces films, le sujet est finalement très simple et peu dramatique. L’incommunicabilité dans l’un, où la femme s’ennuie dans sa vie de couple alors même que son mari est amoureux d’elle mais qu’ils n’arrivent pas à réellement se croiser. Et la servitude dans l’autre, matérialisée à l’écran, au delà de l’histoire en elle-même, par un instant furtif qui précède, le soir, le moment où cette femme monte les escaliers pour aller travailler; une seconde évanescente où pourtant toute la violence du monde est dite …






Lucas Cranach et Piet Mondrian by delphine queme


Rien de plus dissemblable dans la peinture et pourtant je ne saurais dire lequel des deux je préfère.

Je suis allée voir la semaine dernière et celle d’avant, ces deux magnifiques expositions : Mondrian au centre Pompidou (nocturne le jeudi) et Cranach au musée du Luxembourg (nocturne le vendredi).

Quel bonheur !


Pour Cranach, a priori mon favori, j’avais acheté le week-end précédent en librairie, le catalogue afin de réellement profiter de l’exposition en meilleure “connaisseuse” que je ne l’étais déjà.
Il y a toujours eu de magnifiques Cranach au Louvre, et ces nues au visage triangulaire si caractéristique m’ont toujours intriguée. Déjà très grande fan de Dürer lui aussi allemand, et vu ma préférence absolue pour cette période de la peinture, j’étais d’avance conquise.

Parlons peu, parlons bien : l’exposition est absolument magnifique, et aligne les chefs d’oeuvre les uns après les autres. Des portraits sobres au fond monochrome (dont le minimalisme, à l’absolue modernité, n’était que la conséquence toute matérialiste d’une recherche d’économie dans la fabrication du tableau, un fond noir étant beaucoup plus rapide à peindre qu’un paysage …) aux grands formats influencés par les mondes infernaux de Jérôme Bosch : tout est absolument splendide.



Mais le tableau qui, contre toute attente, m’a le plus bouleversée est une Lucrèce.
Lucrèce, dans la Rome antique, est violée et se tue, ne supportant pas son déshonneur.
Présentée après une Lucrèce qui lève les yeux au ciel, reprochant à Dieu d’avoir laissé faire un acte aussi horrible (Francesco Francia), la Lucrèce de Cranach regarde le spectateur droit dans les yeux : c’est la société qu’elle accuse. Quelle modernité ! Dieu est mort dès le 16è siècle pour Cranach ….
Ni le catalogue (dont la qualité d’impression laisse à désirer), ni les images sur le web ne rendent justice à ce tableau exceptionnel.

Lucrèce de Francesco Francia :


Lucrèce de Cranach :


A noter, la signature de Cranach : un serpent aux ailes de Dragon, qui me rappelle le “logo” de Dürer, premier peintre connu (à ma connaissance) à signer ses tableaux. Avant, le peintre est un artisan, avec une signature il devient un artiste.


La signature de Dürer :



















L’exposition sur Mondrian m’a autant émue qu’un documentaire diffusé il y a quelques temps sur Arte à propos de l’artiste.
Dans ce documentaire, on voit un Mondrian vivant à Montparnasse dans la plus grande pauvreté, confiant à ses amis (lesquels nous rapporte l’anecdote au combien symptômatique d’un artiste authentique refusant de façon absolue tout compromis) qu’il ne “peut plus” peindre des fleurs (pour payer le loyer). C’est “au-dessus de mes forces” dira-t-il.

  
L’exposition met très bien en avant non seulement l’évolution pictographique du peintre mais aussi l’influence de l’école à laquelle il a appartenu.
Il est du reste étonnant de voir un artiste qui semble aussi individualiste par l’extrême spécificité de son identité graphique, finalement n’être que le produit de son environnement.
Je me souviens il y a quelques années d’une discussion avec mon père au sujet de l’individualisme dans l’art. Je disais que plus un peintre était “personnel”,  plus il avait de valeur à mes yeux. Lui me disait le contraire : l’école, le mouvement auquel il appartient est plus important que l’artiste lui même.
Les taoïstes concluraient en disant que la vérité est hors de cette dualité : les deux positions sont simultanément vraies.




André Kertesz au Jeu de Paume by delphine queme


toujours pendant mes vacances de Noël, j’ai pris le temps d’aller voir l’exposition André Kertesz au Jeu de Paume.
Quelques magnifiques clichés. 
Comme toujours ceux que je préfère sont les plus graphiques.
Chez lui, il faut aussi remarquer le jeu des ombres dans le cadre.

Voici une petite sélection :












France 1500 by delphine queme


Exposition dont l’affiche était pourtant très prometteuse mais qui m’a beaucoup déçue.
Pourquoi ?

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Quand on considère comme moi que l’art (pictural) a atteint dans sa forme classique ses plus hauts sommets entre 1450 et 1550, on se rend compte finalement qu’en France on n’a effectivement que Jean Fouquet, Jean Clouet, le Maître de Moulins et l’inédit Jean Hey que je découvre effectivement à cette exposition (voir affiche) alors que l’Italie (Mantegna ! Botticelli ! Da Vinci ! puis Raphael ! Michel Ange ! Le Titien ! ), les Flandres (Van Eyck ! Rogier van der Weyden ! Petrus Christus ! Memling ! Dieric Bouts ! puis Patinir !! Bosch ! Quentin Metsys !) ou encore l’Allemagne (Dürer ! Cranach ! Holbein !) regorgent de génies absolus !!!!! 
En fait, moi qui suis restée bloquée en peinture sur ce tournant de siècle depuis quasi mon adolescence, je n’avais pas réalisé, et cette exposition me le révèle enfin, à quel point la France a été absente de cette période paroxystique de la peinture en Europe.
Pour mon plaisir personnel, voici quelqu’uns des plus beaux tableaux (à mon goût), peints “autour de 1500” en Italie, en Flandres et en Allemagne (cliquez sur les tableaux pour les voir en plus grand !).


imageCHRISTUS, Petrus : Portrait of a Young Girl (c. 1470)



imageMASSYS, Quentin : The Ugly Duchess (1525-30)

imageMEMLING, Hans : Allegory with a Virgin (1479-80)

imageBOTTICELLI Sandro, Portrait of a Young Woman (c. 1480)

imageLEONARDO da Vinci, Female head (La Scapigliata) (c. 1508)

imagePATENIER Joachim, Landscape with St Jerome (1515-19)

imageRAFFAELLO Sanzio, Portrait of Tommaso Inghirami (1510-14)

imageEYCK Jan van, The Virgin of Chancellor Rolin (1435)

imageDÜRER Albrecht, Self-Portrait in a Fur-Collared Robe (1500)

imageCRANACH Lucas the Elder, Judith with the Head of Holofernes (c. 1530)


imageHOLBEIN Hans the Younger, Portrait of a Lady with a Squirrel and a Starling (1527-28)



Banksy's Exit Through The Gift Shop by delphine queme

Très peu de choses à voir en ce moment au cinéma.
Une exception cependant : le film de Banksy malheureusement traduit en français par “Faite le mur” (?!?).

C’est d’abord un super documentaire sur le street art avec :

Space invader  :

























Shepard “Obey” Fairey :



































Et bien évidemment Banksy :
































Mais c’est aussi et surtout un film sur la manipulation.

Sur la manipulation extraordinaire que produit Banksy (qui réalise le film) sur nous : il démarre en filmant un français immigré à Los Angeles qui vend des fringues vintage et ne sait pas quoi faire de sa vie jusqu’à ce qu’il commence à filmer la nuit ses potes “street artists” aux USA et aux quatre coins du monde. Commence la montée de mayonnaise pour arriver à un climax finement préparé : la tant attendue rencontre avec LE messie, j’ai nommé Banksy himself. Première pirouette : Bansky se scénarise et nous balade comme il veut car on pense à tort que c’est ce français et non lui qui est derrière la caméra pendant au moins la première partie du film.
Puis, énorme “break” (comme on dira en musique) : Banksy conseille à son “ami” français de faire lui même de l’art plutôt que de filmer les artistes. Celui là s’exécute et prépare directement sa première expo. Il demande à deux monstres sacrés du street art de cautionner l’expo, un article dans LA weekly et LE TOUR EST JOUE : 4000 personnes viendront et l‘“artiste” vendra pour 1 million de dollars d’oeuvres (faites par ses assistants) dans la semaine.
Le phénomène de “buzz” dans le monde de l’art est ici incroyablement bien décrit.

Le film est par ailleurs fantastiquement scénarisé, aux limites de la fiction et du documentaire et c’est ce qui le rend intéressant.