J'aime photographier les lieux.
Je crois que je recherche, inconsciemment, une forme de pureté et d'harmonie dans la photographie, car elles n'existent jamais totalement dans la vie. 


Mon éducation visuelle vient essentiellement de la peinture. Des primitifs flamands (notamment Joachim Patinir, peintre de paysages) à Edward Hopper.

Mes maîtres en photographie sont Eugène Atget et August Sander.
Tous deux se distinguent par la sobriété de leur démarche qui, paradoxalement, rend leur photos si poétiques.
Ils sont la parfaite illustration d'un livre qui est sans doute le livre qui m'a le plus profondément marquée, Le zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc de Eugen Herrigel : "Quand tout découle de l'oubli total de soi et du fait qu'on s'intègre à l'évènement sans aucune intention propre, il convient que, sans aucune réflexion, direction ou contrôle, l'accomplissement extérieur de l'acte se déroule de lui-même".  Ainsi je laisse la photo venir à moi. Je ne pense pas que l'on puisse "planifier" une photo. On peut planifier une très belle photo mais on ne peut pas planifier une photo "magique", c'est-à-dire une photo qui vous dépasse.

Le Japon m'influence énormément tant intellectuellement que formellement. J'aime la sobriété, le minimalisme, la poésie du vide.

Ainsi je me sens particulièrement proche d'un photographe comme Toshio Shibata
On lui demande souvent pourquoi il n’y a jamais de personnes dans ses photos. Pourquoi il ne photographie que des paysages inertes et sans vie. Je suis sensible à la question car on me demande la même chose régulièrement et parfois je culpabilise de cette “inhumanité” dans mes photos.
Je pense que par le cadrage, il rend ses photos vivantes, presque humaines. Ainsi, c’est bien + que simplement rendre beau ce à quoi on ne prête d’habitude pas attention ("des photos que tout le monde pourrait faire et que personne ne fait" - catalogue de l'exposition de Raymond Depardon au Grand Palais en 2013) : c’est rendre vivant ce qui est inerte.

Un autre photographe dont je me sens particulièrement proche est Saul Leiter. Lui aussi trouve la beauté dans le rien. J'aime ses "windows reflections", ses couleurs : on voit la beauté qu'il a vu dans ce qui n'est pas "beau", on "voit" son émotion. 

J'apprécie depuis longtemps des photographes comme William Eggleston, Paul Graham, Philip Lorca diCorcia,  et plus récemment Philip Dujardin, Osmar Harvilahti ou Todd Hido.

 

 

Expositions :

2015 : exposition monographique "Peoplelessness" à la galerie Art'inn Concept Store du 17 septembre au 31 octobre 2015

2014 : exposition monographique "Théâtres" au Théâtre de l'Etoile du Nord du 28 janvier au 22 février 2014

 

 

Influences :

 

 

Contact :

delphinequeme at gmail dot com